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22 septembre 2010

Artificial

Un seul essai, limité et limitant : étreinte de l’entrave établie, et adieu au changement. Je vois tant d’êtres sclérosés que je me demande si je n’entrevois l’avenir dans l’immobilité encéphalique. L’apprivoisé rassurant enferme mais ne laisse sidéré. Pâtit d’une expérimentation pauvre et quoique, point discutable, néanmoins épargne le plus souvent.

Il est certes peu réconfortant de savoir cela lorsque de longues journées rassemblent une haine explosive, qui tend à s’éteindre avec la progression de l’épuisement. Et quand pour de plus amples et disparates contradictions, des oscillations entre marques d’espoir factices et mal-être bien réel l’accompagnent.

Heureusement, l’Ailleurs accueille ceux-là. L’union de leurs distinctes perceptions constitue l’unique et multiple Ailleurs. Je suppose qu’on s’y retrouve virtuellement. Tout est virtuel, pour ceux qui voyagent dans l’Ailleurs. Si l’on est si fier qu’il nous appartienne, c’est qu’alors pour les dépourvus tout devient possible, le temps de faire nager son âme dans l’Ailleurs.


14 septembre 2010

Inner circle

Une sélection de quelques mots irréfléchis, afin de ne rien laisser filtrer. Attendre de ne plus avoir le choix - il est alors beaucoup plus évident de prendre sur soi, de patienter seulement. Veiller la solitude pour pouvoir perfectionner son masque, et se vider des implications liées au mal-être que celui-ci entraine.

Mes phases constituent un cycle dont je suis incapable de m’extirper. Uniquement de le renforcer de ce que je considère comme mes mineurs agissements. Pour un décalage encore plus saisissant. Fautif mais pas vraiment aidé, j’ai sûrement juste conscience qu’aucun de nous ne mérite de vivre et du mal à faire avec.

Et, lassé d’une bipolarité ambiante, c’est sans but et dénué de tout espoir que j’arpente au mieux mon quotidien. Je l’agrémente de falsifications du réel, de petites vies que j’aurais voulu mener, de moments de gloire factices. Regardez-les, ceux qui s’accrochent à mes belles illusions et aux relents de fausseté.

Ils en chient autant, je le vois bien. Leur lutte m’abandonne, inconscients.

Faut tâcher à pas me prendre pour un con, non plus.


9 septembre 2010

Fake

Ça m’est inhérent et incompréhensible mais je ne fais que traverser. A toucher du vide, sans incidence aucune sur les destinés. Pas sur la mienne, non plus celles des autres. Moi et mes dialogues, tout est intérieur. Je sais que j’ai des idées à défendre, simplement rien croisé de concret. Je ne sais vivre que le faux. Pas étonnant quand tout ce qui reste c’est l’imagination. Bien sûr ces derniers jours m’ont distrait, mais ça n’a jamais changé grand-chose. Et toujours cette sensation de faiblesse qui s’en va au bout de quelques heures, pour pouvoir revenir plus intensément quand j’ai besoin d’un cœur calme. Cet inconnu que je perçois m’entrainer.


7 septembre 2010

I'm mad

Et si je laissais de côté ma philosophie nihiliste et mes derniers périls pour quelques lignes. Si je faisais place à une épreuve d’optimisme. Avant que tout ne s’arrête. 

J’ai senti quelque chose ce soir, ineffable mais définitivement intérieur. Les déclencheurs me sont apparus avec tant de clarté. Un morceau de métal, ce nouveau greffon qui puise la justification de son existence dans ce que j’expérimente de la vie, et créateur d’amour-propre. Et puis surtout, m’être proclamé maître des lieux. Du lieu, dans l’obscurité de l’après-minuit, le regard sur toutes ces lignes nocturnes. Respirations de résine dédiées symboliquement au moment présent, au rythme d’Air. Du haut de ma fenêtre, pour ne pas me retourner trop vite vers ce qu’ils appellent la vraie vie. Toujours ça d’amputé à leur réalité.

25 août 2010

Psychological elevator

C’était ma plus grande addiction. Elle m’a offert, pour une nuit, d’être témoin de ce que je mériterais de vivre. Putain, ce dont je rêvais depuis des années. Une ébullition naturelle et suffisante pour que je laisse tomber tout le reste. Je crois que je me sentais bien. J’ai entrevu ce bonheur tant simple qu’idéalisé. Mais comme toutes les drogues, elle éloigne la réalité et mime ce qu’on voudrait qu’elle soit. La redescente n’a jamais été aussi éprouvante. Retour à la vie de merde que je finissais par accepter, mais qui n’est plus envisageable aujourd’hui. Car en plus de ça, quand je ferme les yeux, je ne sais plus quoi espérer, et seul le noir s’imprime.

Et puis y’a ces trucs. L’histoire des magiciens et des petits hommes, de l’humanité sauvée par C.D. ainsi que des défenseurs de la vraie musique. Croire en un rêve, penser être capable et digne de grandeur - s’imaginer réaliser un casting, discuter travelling avec un technicien, donner les dernières instructions avant le clap. Ou bien la symbolique d’une belle femme qui manie un couteau papillon. Je pensais qu’ils étaient miens, mais ils s’évanouissent en me laissant vide. Et ces nouvelles vérités, qui loin de me remplir de haine ou de jalousie, m’inquiètent et me rendent triste. Elles m’ont arraché beaucoup. Et il y a aussi cette grosse croix rouge, sur ma vie qui suinte l’échec.

Inacceptable. Je le sens mal. Vraiment.


22 août 2010

Break

J’ai tiré à blanc, je me retrouve pourtant sacrément amputé. Je pouvais à peine entretenir l’illusion en attendant le prestige. Celui-ci exécuté, a fait disparaitre toutes les espérances mises en jeu. Je sais au moins ce dont je ne dois rêver. Mais moins ce qui m’ancrerait sur terre. Je n’ai même pas eu envie de corriger ces erreurs de perception. Puis, pas le choix. Au moins ça c’était clair. 

J’aimerai la voir comme de maigres mains qui vous tirent jusqu’aux genoux dans le sol. Comme cet écœurant bout de tabac qu’on aspire avec la fumée. Comme ce putain de bonhomme qui passe sa vie à alterner entre deux couleurs. Comme n’importe quoi d’autre que ce qu’elle représente. J’ai pas assez mal pour ça, trop habitué à ces relents d’échec.

Il est donc clair que ce qu’il m’est nécessaire de rechercher aujourd’hui, c’est ce qui peut encore m’atteindre. J’ai peur que pusillanime, je préfère me laisser mourir. Au rythme du temps, me voir devenir ce qui m’a toujours hanté. Rester entre deux de mes possibles, dans une réalité où je ne suis rien. Vivre en tant que fantôme, fauché prématurément.


18 août 2010

Smoking and burning flesh

Vapeurs d’alcool, fumerolles de résine et de goudron, blancheur des cicatrices. Pour caractériser ce à quoi j’aspire. Rien de mieux qu’une gorgée, une taffe, et un brin d’autodestructive haine. Assez d’apitoiement, il est temps. Temps de plonger, et d’un pont plutôt haut. Quelques dizaines de mètres suffiraient… La première fois, on doit expérimenter une peur similaire, avec ou sans élastique. Elle est seulement plus ou moins définitive.

Je veux finir dénervé, amorphe, incapable de ressenti. Je veux voir leur peau se calciner doucement, sentir l’odeur putride de chair brulée, admirer les flammes danser sur les corps et les consumer. Je veux les recouvrir de substance inflammable, et jeter moi-même l’allumette. Me perdre dans l’intensité lumineuse du feu, celle sonore de leurs cris, et… Et, juste avoir envie de me marrer. Ouais. Ça pourrait me soulager un temps.


16 août 2010

No tomorrow

Demain, demain. Toujours demain.

Sortir de ce trou dans lequel je ne me noie qu’avec trop d’aisance dans l’asociabilité, immergé sous leurs modèles sociaux. Refuser de n’être qu’un putain de sauvage.

Vendre mon étoile au marché noir, histoire de retrouver une once de respect pour ce que je suis. Qui sait, quelques bribes d’espoir, fragments perdus de ce que j’aurais du être, putain.

Laisser craqueler ce vieux masque dans une relation, accepter de me redécouvrir. Oui, abandonner ce qu’il reste d’instinct dans les yeux ébahis d’une putain.

Ou me ravir dans l’autodestruction, me voir plonger plus bas, toujours plus bas. Clamsé d’une overdose ou m’immoler, regard enflammé vers ce putain de mirage.

Peu importe, je me laisserai surprendre.
Comme toujours, indétrônable roi de la procrastination.

Demain, demain. Toujours demain.


8 août 2010

Bloody walls

Comme envie de sang sur les murs.
Comme envie d’accident de voiture.

Je sombre. Immergé dans le délice de l’irréel. Pas un souffle concret ne m’atteint. A court de volonté, s’évadent avant.

Et moi, et moi. Et moi…

De douces divagations me font jouir d’un bonheur falsifié. Bien sur tout y est feint, mais quelle importance. Guidé par une chaleur lénifiante, on y est applaudi pour être soi-même. Semblable à toute forme d’ivresse, il s’évanouit toujours trop vite.

Redescente brutale. Quand l’on oublie qui on est, qu’on se perd dans l’infiniment grand.
Redécouvrir l’existence a un prix.

A propos : 
  • "Le bonheur, c’est tout ce qui arrive entre deux emmerdements..."                                               Jean-Baptiste Lafond
  • "Nous pouvons vivre seuls, pourvu que ce soit dans l'attente de quelqu'un."                                         Gilbert Cesbron

2 août 2010

Interruption

Un déluge a inondé la ville et abattu la chaleur écrasante qui s’y était installée.
Dieu serait-il offensé ? Tue-moi je t'en prie.

Toutes les élucubrations que j’envisage ne suffisent à extraire mes démons de leur hôte. Malgré ces efforts ininterrompus, rien. Les névroses répondent à l’appel, fermement soutenues par ces souvenirs et aiguisées par les traumatismes encore inconscients. Le vide, ma solitude et cette honte d’être en vie. Il s’agit là d’une lacération plus douloureuse que l’absence d’estime. Celle-ci peut néanmoins se montrer protectrice : je ne tomberai pas plus bas.

Même si souvent j’aimerais céder.
Mon étoile a déjà imposé, n'est plus qu’une infinitésimale poussière qui tend à disparaître.
L’espoir est mort.

1 août 2010

Oh my god


_ Comment tu vas ?

_ Bien ! Je nage dans l'épanouissement ! Un véritable enfant, tout est toujours nouveau à mes yeux. Et des louanges pour Dieu, chaque jour ! Oui, je le remercie chaque jour pour les nouvelles épreuves auxquelles il me soumet. Chaque jour, à genou, à ses pieds. Il semble y prendre plaisir. Mais si colérique, il cède à ce péché capital, c'est qu'omniscient il sait qu'un jour, oui un jour, je crucifierai moi-même son fils. J'entaillerai ses poignets, je reproduirai avec précision chaque supplice devant le Père. Je regarderai la divinité atteinte par le mortel pleurer son prophète. Je pourrai alors, vengeance rassasiée, paisiblement aller brûler en enfer.

_ ...

_ Voilà comment je me sens.

27 juillet 2010

Lula


Je voudrais moi aussi tailler au couteau des sourires sur les joues des princesses.

Putain, ça sert à rien putain. La futilité de ces actes et de ces non-dits imprègne tout ce que j’effleure de parfums risibles. Stagnant dans les bas-fonds moraux, sans rien à quoi m’accrocher. Rien à portée de main. Rien qu’un leurre de lumière qu’entretient l’illusionniste espoir. Rien qu’un putain de mirage, qui prend plaisir à s’évanouir dès que je vais enfin l’atteindre. Je voulais choisir la vie, optimiste et plein de bonnes intentions. Je regretterais presque d’avoir tout foiré entre-temps. Le regard blasé n’était peut-être pas le meilleur artifice pour camoufler ce que je suis. Peut-être que je n’ai pas toujours su être crédible. Cela m’indiffère.

Lula elle est partie.
(J’arrête les références à Saez.)

24 juillet 2010

Crave


« La vie n’a comme limites que celles que l’on imagine. » H.

Fut un temps j’aurais pu n’en avoir aucune. Quoiqu’il en soit je perçois distinctement mes entraves aujourd’hui. Ligatures essentiellement constituées d’addictions, j’oscille de plaisir consommable à insidieuse dépendance. Dans une société qui galvanise l’excès dans chacune de ses incarnations, nous faisons tous l’expérience d’assuétude. 

J’en ai décrié la principale inspiration. Et me voilà terrassé, pliant sous le poids de la mémoire. Victime d’une crise de manque. J’assume ce que je ressens, mais ne trouve aucun soulagement dans ce courage pusillanime. Leurré par les affres d’une éventuelle libération, j’ai prétendu détenir de la confiance en moi-même. Quelle erreur, putain. 

Maintenant, je me dis que j’aurais du atermoyer. Maintenant, je me dis que la psychose serait moins dure à accepter. Je ne pourrais plus alors me fier à la démarcation du réel. Mais non, même quand je vois Londres. Oui, je vois Londres. Elle me manque. J’aimerais visiter Londres.

21 juillet 2010

Psychosis


Est-ce que tu vois le printemps ?
Celui qui consume nos mal-êtres de ses lueurs salvatrices.
Dis-moi, est-ce que tu l'entends?
La réconciliation des êtres qui se noient dans la matrice.

4h11. Pas encore 48, c'est déjà ça. *
Point de supplication, une requête. Que l'on me rende mes nuits noires! Indigne de recevoir la visite de Morphée, le rythme m'a perdu. Seul état de conscience, entre l'éveil et la veille : yeux hagards. Les pensées passent uniment, tournent à une allure régulière, sans qu'aucune jamais ne s'illumine.

Cécité de l'esprit.
Je n'ai plus d'empreintes.
Je suis un anachronisme.
Je m'évanouirai ébloui puis englouti par l'immensité du temps.
Je serai vomi par un trou noir à l'autre bout de l'univers.

Tu ne m'auras pas oublié : je n'aurais simplement jamais existé.

A propos :

14 juillet 2010

Repercussion


Peut-être qu'avec le temps je réaliserais qu'il n'est pas primordial d'assouvir sa soif de culture, mais d'en encourager le partage.

Peut-être serais-je toujours là, accompagné par la solitude, que toutes ces connaissances n'étancheront plus. Abandonné par mes héros et lassé de mes petites utopies. Laissé empli de vide. De presque rien. Juste le point final, ce dernier souffle qui laissera échapper mon âme. Vapeur bien symbolique, l'essence de l'existant - l'image - demeure ce que je trouve de plus beau.

J'ai préféré suicider la mienne. C'était bien trop lourd à porter, et douloureux. Partout de la souffrance à emporter. Ce corps, dépourvu de ce qui justifierait son existence, est incapable d'arrêter son jugement sur une fin.

État d'errance propre à l'insensé, l'inconcevable.
Échec d'une vie humaine.
Noyade, suffocation, écartèlement et implosion de l'être qui vainement s'est débattu.
Dans l'insanité, l'horreur du beau, l'ivresse de l'abus, la jouissance de l'oubli.
La solitude surtout.

13 juin 2010

Words and time

Parfois je me persuade de l'insanité à toujours rechercher l'essence des mots qu'il m'est donné d'entendre. D'une part car cela relève malgré tout de l'interprétation, d'autre part qu'en bien des cas l'ignorant est serein.

Et puis l'instinct s'immisce, filtre le contrôle que j'ai sur mes sens. Je saisis des phrases qui ne devraient qu'être banales, mais me révèlent des attitudes, des pensées ou des ressentis. Elles éclairent l'inconnu psychique de l'être, ou me crachent à la gueule, c'est selon. Je sais que maitriser les fondements de cet art assoit une certaine domination.

Et dans certains jeux j'aimerais faire don de plus de clairvoyance.

Alors je m'accroche à mes contreforts intérieurs, je sens celui que j'étais agrippé à mon dos, qui tire vers lui celui que je devrais être. Déséquilibré mais résistant, je suis surtout prêt à risquer de me jouer de la chance. Quitte à perdre pied une dernière fois.

Certains sont sclérosés dans le passé, se remémorant des jours plus heureux. Ou prolongeant inutilement les regrets, en ressassant des opportunités manquées sur lesquelles toute souveraineté est perdue. On trouve aussi ceux qui n'appréhendent que le moment présent, se devant d'être méritants ou d'une façon certainement moins malsaine, d'accorder de la saveur à chaque instant. Enfin certains ne sont traversés que par des projections futures, se pliant à leurs contraintes. Agenouillés devant la peur de l'enfer, ou seulement remplis d'espoir, bernés par la certitude que l'on pourra un jour incarner leurs fantasques illusions.

D'autres mélangent tout.

A propos :

RSA Animate – Philip Zimbardo, The Secret Powers of Time and other things :

6 juin 2010

Dreamed analysis

Je ne me souviens que très rarement de mes rêves, lorsque mon inconscient tient à s'exprimer. Chez moi, c'est plus efficace qu'une séance de psychothérapie réussie. Et très rare donc. Pourtant, cela m'est arrivé deux fois en quelques mois. A croire que rien ne change. Le dernier, datant d'avril, m'a offert une libération de prime abord bénéfique. Mais qui me malmène plus que tout aujourd'hui, et que je n'accepterai jamais tout à fait. 

Ce matin, en buvant mon café, l'image d'une nuit agitée m'est revenue. J'ai pu me remémorer de tous les détails. Je préfère en éviter les implications pour l'instant. Cependant je sais qu'elles ne me quitteront pas, et qu'inépuisables elles mèneront l'assaut de mon esprit jusqu'à l'assimilation des faits.


A propos:

Feint

Ah, ah ! Tu l'as sentie, cette once d'espoir.

Désormais tu peux tranquillement redevenir ce que tu as toujours détesté, méprisé ou dissimulé, selon le poids du temps. Car tu subis plus que tu ne vis, guidé par l'absence de difficulté qui éclaire la voie à emprunter.

Tu as un gouffre à combler, et cette paradoxale nécessité de vide. Tu te dis que c'est normal, n'ayant vraiment ressemblé à aucune de ces personnes. Tu n'es simplement pas de ce genre là. Tu as fait le tour de ce qu'il t'était permis de ressentir, imprégné de l'impression que tu as déjà tout écrit.

Tu as conscience que le pire t'attend. La remise en cause s'instaure au détriment de la résignation. Tes névroses quotidiennes te semblent ridicules, tu songes à une autre solution : la finalité ne t'impressionne plus.

24 mai 2010

Schism

Il suffit que j'entame l'ascension éprouvante d'une restructuration de l'esprit, pour qu'indubitablement le sol se dérobe sous mes pas.

J'ai offert tout ce qui a pu émaner de bon à quelques êtres qui n'ont su qu'en faire. Quant aux autres, je les laisse aujourd'hui profiter du reste. Tant d'incompréhension, de mépris et de haine. Alors désormais, je m'encourage à penser que je les quitterais bientôt. Peu m'importe la forme sous laquelle la rédemption choisira d'apparaître.

Je feindrais bien d'être un éternel blasé. Mais ce qui n'a pas de fin réside dans ma scission avec le concret, en une perpétuelle crise métaphysique. Je lutte pourtant, à me laisser surpris. Toutefois ce combat demeure invisible.


A propos:
  • L'angoisse métaphysique, traitée dans la pièce Une consultation ou les rôles inversés, extrait de La comédie de la comédie, Jean Tardieu.
  • Woody Allen, l'ambassadeur de l'angoisse métaphysique sauce new-yorkaise.
"L'angoisse métaphysique : ou l'apaiser avec un dieu, ou la noyer dans le plaisir, ou la guérir par des pilules..."   Jean Rostand

28 avril 2010

The path to take

La lassitude de toujours retrouver cette pléthore de désillusions a alimenté ma volonté de changement, si bien qu’un courage encore imprécis s’est emparé de ma capacité à décider. Et s’est exprimé à travers moi, en me laissant au pied du mur. Devant un choix qui à l’échelle de mon existence peut être qualifié de cornélien.

Détruire plusieurs des rares fondations qui supportent ma raison. Celle-ci pouvant être perçue comme une condition que je me dois d’accepter, offrant une protection aux êtres que je serai amené à rencontrer ainsi qu’à moi-même. Arracher dans ma chair une partie de ce que je suis. Conforter inaltérablement mon pessimisme. Nourrir ma foi nihiliste. Se dégager du piège : ne plus y croire, jamais. Ne plus vivre, vraiment. Attendre.

Ou… Ou quoi ?

Perdurer dans une réalité alternative, voyager dans l’irréel. Vivre dans l’abandon de soi grâce à des projections futures insupportables car invariablement irréalisées. S’abandonner loin du reste du monde, sclérosé dans le refus d’avancer. Finir en totale réclusion. Sinon libéré, une balle dans la tête.

Aujourd’hui, après l’attente passive d’une victoire fantasmagorique remportée par l’espoir au grand dam de mes démons, voilà le choix qui m’appartient. Une pression sur le morceau de métal. Seulement un cliquetis, bien plus silencieux que les cris qui parcourent inlassablement mes nerfs.

7 avril 2010

Wandering

Au fond. A la surface. Ou bien flottant au gré des courants, entre les deux.

Bien sûr j'en ai conscience. D'ailleurs concrètement, une conscience, c'est tout ce que je suis.
Amorphe, les terminaisons nerveuses indistinctement mêlées à ce sur quoi mon corps repose, je trouve cette enveloppe corporelle embarrassante.  Et tout ce contexte qui régit le monde! Celui qui allie l'infect à l'horreur. Je n'envisage pas le sombre, le noir, qui peuvent être éblouissants. Mais la source intarissable de destruction offerte à l'état brut.

Donc, aveuglé par la concrétisation d'une réalité opprimante, j'entrevois les choix qui mènent à une vie spirituelle. Loin de me satisfaire, l'univers que j'idéalise est constitué d'une étendue infinie, sans sol ni plafond, dans laquelle évoluent les esprits. Ces nouveaux êtres dépassant notre condition écrasante, dont l'âme est palpable et l'existence moins futile. Non aliénés par un sort perçu trop tôt. Et pourtant capables de si peu.

30 mars 2010

Nouvelles de la folie expérimentée #1

J'étais allongé, désespéré par les absences récurrentes de Morphée. Une ombre a bougé sur le mur. Puis une masse froide a doucement recouvert ma nuque, mon dos, puis le dessus de mes doigts. Elle est restée un moment, me montrant que je lui appartenais. Et qu'à tout moment elle pourrait revenir et, cette fois, me recouvrir tout à fait.

Ailleurs #2

"Il en sera toujours ainsi."
"A la merci du néant."
"Et, ployer à terre une dernière fois."

Paré de mon armure d'isolement, encore sauf grâce à toutes les introspections qui mêlées à mon poing constituent un bouclier jamais franchi à ce jour. De la fumée s'échappe du heaume - mon cerveau brûle - mais cette vision découpée m'offre une distance nécessaire à la réalité pour en discerner la pureté.

Le guerrier que je suis s'élance, enfin éveillé, prêt à trancher les affronts du quotidien. Des coups de lame à la recherche d'une motivation moins effilée et d'espoirs aiguisés, souvent dans le vide. Mercenaire, combattant déchu après avoir préféré délaisser l'honneur, mais. Mais je suis toujours là. A chercher des yeux le signe de la résurrection de la gloire d'antan. Et surtout ce soulagement, de voir son âme en paix.

11 mars 2010

Ailleurs #1


« Qu’ils crèvent tous. Sauf toi – tu m’offriras un certain déséquilibre – et quelques-unes de ces personnes – que nous puissions haïr et médire tous les deux, ensemble. 

On les mettrait en scène. On les mutilerait infiniment. On jouerait à Dieu, tout en accumulant toujours plus d’amour-propre.

Hum, j’imagine reproduire tout ce que mes yeux ont jamais ingurgité. Ils diraient : « Mais c’est affreux ! Horrible… ». C’est malsain, mais si bon. C’est évident et décidé. Je veux m’épanouir Ici, tu pourrais allègrement alimenter ma folie.

Lassés de ravages, de catastrophes naturelles, d’épidémies et de guerres : on s’assagirait peut-être, qui sait. Pas très honorablement, mais l’honneur n’est pas ce qui est le plus efficace. On le sait bien.

C’est qu’expérimenter la vie de chaque bipède depuis le Proconsul ne suffirait à combler l’éternité. Juste à confirmer ces craintes qui m’envahissent lorsque je crois discerner les intentions de mon prochain. »

Extraits d’Ailleurs.

« L’éternité, c’est long. Surtout vers la fin. » Woody Allen

9 mars 2010

Why am I here

On a dit moins d’éloquence.

C’est qu’elle m’insupporte, cette simplicité que j’incarne parfois. Je réussis à être une véritable éponge – sur laquelle, paradoxalement, tout glisse. Pourtant, à de rares occasions, je laisse des yeux lire en moi comme dans un livre ouvert. Et pas n’importe lequel. Celui qu’on saisirait du bout des doigts, par un coin, dédaigneux. Ecœuré qu’il soit encore permis au héros – moi, en l’occurrence – d’apprendre de ses erreurs. A croire que je ne suis pas fini. Les réactions fictives que j’imagine alors m’imprègnent de honte et je sens que ce n’est pas naturel. Je ne veux pas qu’on ait pitié de ce que je représente, de ce que je suis. Moi ça me va. Affrontez vos chimères comme des grands, laissez-moi tranquille. Comme j’ai bien conscience que ce n’est pas prêt d’arriver, tout ce qu’il me reste à faire, c’est tenter de m’élever. Essayer d’enrichir ce talent titubant juste assez pour qu’il résiste. Trouver les mots qui allient au mieux la pensée brute, les émotions qui ont accompagné l’élaboration du concept et la catharsis recherchée. Un mélange d’instinct, de réflexion, d’expérience et d’ambition. De doute, de peur, d’espoir et d’excès. A la recherche de l’inconnu toujours en expansion qui réside en moi.

Regardez-moi rêver l’accomplir.

Voilà pourquoi j’écris.
 
Pourquoi je m’expose sur cet espace virtuel.

Pourquoi parfois il est difficile de suivre.

26 février 2010

Fresh start

Je me suis laissé traîner plus bas que terre par mon cerveau, immobile, à regarder le temps qui passe me raccompagner vers mon inaltérable réalité quotidienne.

Las de trouver une complaisance dans ce berceau d’ombres si compactes, celles qui finissent par tout englober. Des fondements de ma solitude à mes espoirs fictifs, tout est défini par le contour de cette irrégulière silhouette. Attendre à nouveau, prendre patience à en discerner les formes, puis désespérément tenter d’en déchiffrer les inégalités. 

Après l’aveuglement succinct, les visions de ce que la vie pourrait être me nourrissent encore longtemps d’improbables prémonitions et hissent mon imaginaire qui, contrairement à moi, ne semble jamais pris de vertiges. Ce monde-là se verra enfermé, telle une poupée russe, dans cette autre réalité. 

Savoir apprécier les courts instants de répit et se délecter des détails est une chose, encore faut-il qu’ils aient un sens. Peu importe lequel, réellement. Simplement un sens, qui lierait la beauté de l’insignifiant à la force d’acceptation de la condition d’être humain. Même si de moindres enjeux suffisaient à trouver une certaine paix intérieure, l’instinct reprendrait le dessus. 

Je souhaite, j’espère, je prie. Mais ces mots qu’elle a dessiné avec tant de perspicacité me le rappellent, immuables :
"Le piège, c’est d’y croire."