Pages

30 mars 2010

Nouvelles de la folie expérimentée #1

J'étais allongé, désespéré par les absences récurrentes de Morphée. Une ombre a bougé sur le mur. Puis une masse froide a doucement recouvert ma nuque, mon dos, puis le dessus de mes doigts. Elle est restée un moment, me montrant que je lui appartenais. Et qu'à tout moment elle pourrait revenir et, cette fois, me recouvrir tout à fait.

Ailleurs #2

"Il en sera toujours ainsi."
"A la merci du néant."
"Et, ployer à terre une dernière fois."

Paré de mon armure d'isolement, encore sauf grâce à toutes les introspections qui mêlées à mon poing constituent un bouclier jamais franchi à ce jour. De la fumée s'échappe du heaume - mon cerveau brûle - mais cette vision découpée m'offre une distance nécessaire à la réalité pour en discerner la pureté.

Le guerrier que je suis s'élance, enfin éveillé, prêt à trancher les affronts du quotidien. Des coups de lame à la recherche d'une motivation moins effilée et d'espoirs aiguisés, souvent dans le vide. Mercenaire, combattant déchu après avoir préféré délaisser l'honneur, mais. Mais je suis toujours là. A chercher des yeux le signe de la résurrection de la gloire d'antan. Et surtout ce soulagement, de voir son âme en paix.

11 mars 2010

Ailleurs #1


« Qu’ils crèvent tous. Sauf toi – tu m’offriras un certain déséquilibre – et quelques-unes de ces personnes – que nous puissions haïr et médire tous les deux, ensemble. 

On les mettrait en scène. On les mutilerait infiniment. On jouerait à Dieu, tout en accumulant toujours plus d’amour-propre.

Hum, j’imagine reproduire tout ce que mes yeux ont jamais ingurgité. Ils diraient : « Mais c’est affreux ! Horrible… ». C’est malsain, mais si bon. C’est évident et décidé. Je veux m’épanouir Ici, tu pourrais allègrement alimenter ma folie.

Lassés de ravages, de catastrophes naturelles, d’épidémies et de guerres : on s’assagirait peut-être, qui sait. Pas très honorablement, mais l’honneur n’est pas ce qui est le plus efficace. On le sait bien.

C’est qu’expérimenter la vie de chaque bipède depuis le Proconsul ne suffirait à combler l’éternité. Juste à confirmer ces craintes qui m’envahissent lorsque je crois discerner les intentions de mon prochain. »

Extraits d’Ailleurs.

« L’éternité, c’est long. Surtout vers la fin. » Woody Allen

9 mars 2010

Why am I here

On a dit moins d’éloquence.

C’est qu’elle m’insupporte, cette simplicité que j’incarne parfois. Je réussis à être une véritable éponge – sur laquelle, paradoxalement, tout glisse. Pourtant, à de rares occasions, je laisse des yeux lire en moi comme dans un livre ouvert. Et pas n’importe lequel. Celui qu’on saisirait du bout des doigts, par un coin, dédaigneux. Ecœuré qu’il soit encore permis au héros – moi, en l’occurrence – d’apprendre de ses erreurs. A croire que je ne suis pas fini. Les réactions fictives que j’imagine alors m’imprègnent de honte et je sens que ce n’est pas naturel. Je ne veux pas qu’on ait pitié de ce que je représente, de ce que je suis. Moi ça me va. Affrontez vos chimères comme des grands, laissez-moi tranquille. Comme j’ai bien conscience que ce n’est pas prêt d’arriver, tout ce qu’il me reste à faire, c’est tenter de m’élever. Essayer d’enrichir ce talent titubant juste assez pour qu’il résiste. Trouver les mots qui allient au mieux la pensée brute, les émotions qui ont accompagné l’élaboration du concept et la catharsis recherchée. Un mélange d’instinct, de réflexion, d’expérience et d’ambition. De doute, de peur, d’espoir et d’excès. A la recherche de l’inconnu toujours en expansion qui réside en moi.

Regardez-moi rêver l’accomplir.

Voilà pourquoi j’écris.
 
Pourquoi je m’expose sur cet espace virtuel.

Pourquoi parfois il est difficile de suivre.