Pages

26 février 2010

Fresh start

Je me suis laissé traîner plus bas que terre par mon cerveau, immobile, à regarder le temps qui passe me raccompagner vers mon inaltérable réalité quotidienne.

Las de trouver une complaisance dans ce berceau d’ombres si compactes, celles qui finissent par tout englober. Des fondements de ma solitude à mes espoirs fictifs, tout est défini par le contour de cette irrégulière silhouette. Attendre à nouveau, prendre patience à en discerner les formes, puis désespérément tenter d’en déchiffrer les inégalités. 

Après l’aveuglement succinct, les visions de ce que la vie pourrait être me nourrissent encore longtemps d’improbables prémonitions et hissent mon imaginaire qui, contrairement à moi, ne semble jamais pris de vertiges. Ce monde-là se verra enfermé, telle une poupée russe, dans cette autre réalité. 

Savoir apprécier les courts instants de répit et se délecter des détails est une chose, encore faut-il qu’ils aient un sens. Peu importe lequel, réellement. Simplement un sens, qui lierait la beauté de l’insignifiant à la force d’acceptation de la condition d’être humain. Même si de moindres enjeux suffisaient à trouver une certaine paix intérieure, l’instinct reprendrait le dessus. 

Je souhaite, j’espère, je prie. Mais ces mots qu’elle a dessiné avec tant de perspicacité me le rappellent, immuables :
"Le piège, c’est d’y croire."