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13 juin 2010

Words and time

Parfois je me persuade de l'insanité à toujours rechercher l'essence des mots qu'il m'est donné d'entendre. D'une part car cela relève malgré tout de l'interprétation, d'autre part qu'en bien des cas l'ignorant est serein.

Et puis l'instinct s'immisce, filtre le contrôle que j'ai sur mes sens. Je saisis des phrases qui ne devraient qu'être banales, mais me révèlent des attitudes, des pensées ou des ressentis. Elles éclairent l'inconnu psychique de l'être, ou me crachent à la gueule, c'est selon. Je sais que maitriser les fondements de cet art assoit une certaine domination.

Et dans certains jeux j'aimerais faire don de plus de clairvoyance.

Alors je m'accroche à mes contreforts intérieurs, je sens celui que j'étais agrippé à mon dos, qui tire vers lui celui que je devrais être. Déséquilibré mais résistant, je suis surtout prêt à risquer de me jouer de la chance. Quitte à perdre pied une dernière fois.

Certains sont sclérosés dans le passé, se remémorant des jours plus heureux. Ou prolongeant inutilement les regrets, en ressassant des opportunités manquées sur lesquelles toute souveraineté est perdue. On trouve aussi ceux qui n'appréhendent que le moment présent, se devant d'être méritants ou d'une façon certainement moins malsaine, d'accorder de la saveur à chaque instant. Enfin certains ne sont traversés que par des projections futures, se pliant à leurs contraintes. Agenouillés devant la peur de l'enfer, ou seulement remplis d'espoir, bernés par la certitude que l'on pourra un jour incarner leurs fantasques illusions.

D'autres mélangent tout.

A propos :

RSA Animate – Philip Zimbardo, The Secret Powers of Time and other things :

6 juin 2010

Dreamed analysis

Je ne me souviens que très rarement de mes rêves, lorsque mon inconscient tient à s'exprimer. Chez moi, c'est plus efficace qu'une séance de psychothérapie réussie. Et très rare donc. Pourtant, cela m'est arrivé deux fois en quelques mois. A croire que rien ne change. Le dernier, datant d'avril, m'a offert une libération de prime abord bénéfique. Mais qui me malmène plus que tout aujourd'hui, et que je n'accepterai jamais tout à fait. 

Ce matin, en buvant mon café, l'image d'une nuit agitée m'est revenue. J'ai pu me remémorer de tous les détails. Je préfère en éviter les implications pour l'instant. Cependant je sais qu'elles ne me quitteront pas, et qu'inépuisables elles mèneront l'assaut de mon esprit jusqu'à l'assimilation des faits.


A propos:

Feint

Ah, ah ! Tu l'as sentie, cette once d'espoir.

Désormais tu peux tranquillement redevenir ce que tu as toujours détesté, méprisé ou dissimulé, selon le poids du temps. Car tu subis plus que tu ne vis, guidé par l'absence de difficulté qui éclaire la voie à emprunter.

Tu as un gouffre à combler, et cette paradoxale nécessité de vide. Tu te dis que c'est normal, n'ayant vraiment ressemblé à aucune de ces personnes. Tu n'es simplement pas de ce genre là. Tu as fait le tour de ce qu'il t'était permis de ressentir, imprégné de l'impression que tu as déjà tout écrit.

Tu as conscience que le pire t'attend. La remise en cause s'instaure au détriment de la résignation. Tes névroses quotidiennes te semblent ridicules, tu songes à une autre solution : la finalité ne t'impressionne plus.