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28 avril 2010

The path to take

La lassitude de toujours retrouver cette pléthore de désillusions a alimenté ma volonté de changement, si bien qu’un courage encore imprécis s’est emparé de ma capacité à décider. Et s’est exprimé à travers moi, en me laissant au pied du mur. Devant un choix qui à l’échelle de mon existence peut être qualifié de cornélien.

Détruire plusieurs des rares fondations qui supportent ma raison. Celle-ci pouvant être perçue comme une condition que je me dois d’accepter, offrant une protection aux êtres que je serai amené à rencontrer ainsi qu’à moi-même. Arracher dans ma chair une partie de ce que je suis. Conforter inaltérablement mon pessimisme. Nourrir ma foi nihiliste. Se dégager du piège : ne plus y croire, jamais. Ne plus vivre, vraiment. Attendre.

Ou… Ou quoi ?

Perdurer dans une réalité alternative, voyager dans l’irréel. Vivre dans l’abandon de soi grâce à des projections futures insupportables car invariablement irréalisées. S’abandonner loin du reste du monde, sclérosé dans le refus d’avancer. Finir en totale réclusion. Sinon libéré, une balle dans la tête.

Aujourd’hui, après l’attente passive d’une victoire fantasmagorique remportée par l’espoir au grand dam de mes démons, voilà le choix qui m’appartient. Une pression sur le morceau de métal. Seulement un cliquetis, bien plus silencieux que les cris qui parcourent inlassablement mes nerfs.

7 avril 2010

Wandering

Au fond. A la surface. Ou bien flottant au gré des courants, entre les deux.

Bien sûr j'en ai conscience. D'ailleurs concrètement, une conscience, c'est tout ce que je suis.
Amorphe, les terminaisons nerveuses indistinctement mêlées à ce sur quoi mon corps repose, je trouve cette enveloppe corporelle embarrassante.  Et tout ce contexte qui régit le monde! Celui qui allie l'infect à l'horreur. Je n'envisage pas le sombre, le noir, qui peuvent être éblouissants. Mais la source intarissable de destruction offerte à l'état brut.

Donc, aveuglé par la concrétisation d'une réalité opprimante, j'entrevois les choix qui mènent à une vie spirituelle. Loin de me satisfaire, l'univers que j'idéalise est constitué d'une étendue infinie, sans sol ni plafond, dans laquelle évoluent les esprits. Ces nouveaux êtres dépassant notre condition écrasante, dont l'âme est palpable et l'existence moins futile. Non aliénés par un sort perçu trop tôt. Et pourtant capables de si peu.