Au fond. A la surface. Ou bien flottant au gré des courants, entre les deux.
Bien sûr j'en ai conscience. D'ailleurs concrètement, une conscience, c'est tout ce que je suis.
Amorphe, les terminaisons nerveuses indistinctement mêlées à ce sur quoi mon corps repose, je trouve cette enveloppe corporelle embarrassante. Et tout ce contexte qui régit le monde! Celui qui allie l'infect à l'horreur. Je n'envisage pas le sombre, le noir, qui peuvent être éblouissants. Mais la source intarissable de destruction offerte à l'état brut.
Donc, aveuglé par la concrétisation d'une réalité opprimante, j'entrevois les choix qui mènent à une vie spirituelle. Loin de me satisfaire, l'univers que j'idéalise est constitué d'une étendue infinie, sans sol ni plafond, dans laquelle évoluent les esprits. Ces nouveaux êtres dépassant notre condition écrasante, dont l'âme est palpable et l'existence moins futile. Non aliénés par un sort perçu trop tôt. Et pourtant capables de si peu.
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