J'ai laissé fermenter les mots en attendant que le temps me ramène ici. L'esprit bercé par le silence, bénéficiant d'une éclipse immatérielle, j'ai profité d'un répit agréable. Mais me revoilà.
« Mais il va encore nous gonfler avec ses angoisses métaphysiques et ses phrases qui veulent rien dire ! »
C'est à-peu-près ça. Et les classiques répondent présent : à ma gauche, la Fuite. A ma droite, l’Échec. Rébarbatifs mais toujours aussi prééminents, le cercle vicieux de la cause qui joue à la conséquence, etc. Le passé risible, l'avenir déprimant. Celle qui me fait des blagues. Le vide. J'ai déjà étalé tout ça.
Alors... Qu'est-ce que je fous ici, hein ? Toujours la même chose, une exhibition plaintive de ce qui entrave ma propre philosophie. Sur le moment, ça fait toujours du bien. Pourtant, la motivation de revenir puisait peut-être ses sources ailleurs.
Sûrement avais-je envie d'exprimer le changement, celui-là même qui m'a récemment empli d'un courage nouveau. Celui-là même qui a apaisé les affres du tourment, qui m'a poussé à agir, qui m'encourage à partir. Loin d'eux, loin d'elle. Celui-là même qui me donne l'impression d'avoir une paire de couilles grandissante.
Et si ça pouvait s'improviser, une vie, ailleurs ?
Je me suis trouvé un rêve.