J’ai tiré à blanc, je me retrouve pourtant sacrément amputé. Je pouvais à peine entretenir l’illusion en attendant le prestige. Celui-ci exécuté, a fait disparaitre toutes les espérances mises en jeu. Je sais au moins ce dont je ne dois rêver. Mais moins ce qui m’ancrerait sur terre. Je n’ai même pas eu envie de corriger ces erreurs de perception. Puis, pas le choix. Au moins ça c’était clair.
J’aimerai la voir comme de maigres mains qui vous tirent jusqu’aux genoux dans le sol. Comme cet écœurant bout de tabac qu’on aspire avec la fumée. Comme ce putain de bonhomme qui passe sa vie à alterner entre deux couleurs. Comme n’importe quoi d’autre que ce qu’elle représente. J’ai pas assez mal pour ça, trop habitué à ces relents d’échec.
Il est donc clair que ce qu’il m’est nécessaire de rechercher aujourd’hui, c’est ce qui peut encore m’atteindre. J’ai peur que pusillanime, je préfère me laisser mourir. Au rythme du temps, me voir devenir ce qui m’a toujours hanté. Rester entre deux de mes possibles, dans une réalité où je ne suis rien. Vivre en tant que fantôme, fauché prématurément.
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